Réglementation

Enregistrement du temps de travail obligatoire en Belgique au 1er janvier 2027 : ce que les PME doivent savoir

📅 13 mai 2026 ⏱ 8 min de lecture ✍ L'équipe Badgr

Le gouvernement fédéral belge a confirmé, dans le cadre de son accord budgétaire de novembre 2025, que l'enregistrement du temps de travail deviendra obligatoire pour tous les employeurs à partir du 1er janvier 2027. Une date longtemps repoussée, portée par une pression européenne croissante. Voici ce que vous devez savoir — et ce que vous pouvez faire dès maintenant pour être prêt.

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Note de mise à jour

Les modalités d'application exactes de cette obligation sont encore en cours de finalisation par le législateur belge. Cet article reflète l'état des connaissances à sa date de publication et sera mis à jour dès que les textes définitifs seront publiés.

Une date confirmée : le 1er janvier 2027

L'accord budgétaire conclu par le gouvernement De Wever en novembre 2025 a tranché : à partir du 1er janvier 2027, tout employeur belge devra disposer d'un système d'enregistrement du temps de travail. L'obligation vise l'ensemble des secteurs — privé comme public — sans aucun seuil de taille d'entreprise. Une PME d'un seul salarié y est soumise au même titre qu'un groupe de plusieurs centaines de personnes.

Les indépendants qui travaillent seuls, sans contrat de travail, ne sont pas concernés par cette obligation. Elle s'applique en revanche à tout travailleur lié par un contrat de travail au sens de la loi du 3 juillet 1978.

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Transposition législative encore en cours

Au moment de la rédaction de cet article (mai 2026), les modalités précises sont encore en cours de transposition dans le droit belge. Une résolution a été déposée à la Chambre des représentants le 5 février 2026. Les règles définitives seront fixées par arrêté royal ou par loi-programme. Consultez votre secrétariat social pour le suivi de l'évolution législative.

Pourquoi maintenant ? La pression européenne

L'origine de la mesure remonte à un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne rendu le 14 mai 2019 dans l'affaire CCOO c. Deutsche Bank SAE (C-55/18). Dans cette affaire espagnole, la Cour a posé un principe fondamental : pour que la directive 2003/88/CE sur l'aménagement du temps de travail — qui fixe les durées maximales et les repos minimaux — soit effectivement respectée, les États membres doivent imposer aux employeurs un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer le temps de travail journalier de chaque travailleur. Sans mesure, pas de contrôle possible.

En décembre 2024, la CJUE est revenue sur ce sujet avec l'arrêt Loredas du 19 décembre 2024, qui précise que l'obligation s'applique à tous les travailleurs sans exception — y compris les travailleurs domestiques et les petites structures, que beaucoup avaient espéré exclure. Cet arrêt a considérablement réduit la marge de manœuvre des législateurs nationaux pour créer des régimes d'exception.

La directive 2003/88/CE constitue la base juridique : elle fixe des plafonds hebdomadaires de 48 heures, un repos journalier de 11 heures, un repos hebdomadaire de 35 heures. Ces droits sont lettre morte sans mesure du temps travaillé. La Belgique était l'un des derniers États membres de l'UE à ne pas avoir transposé cette obligation générale, la plupart des pays voisins (France, Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg) ayant déjà des dispositifs en place ou en voie de finalisation.

Trois critères cumulatifs : objectif, fiable, accessible

La CJUE n'impose pas de technologie particulière mais définit trois exigences que tout système d'enregistrement doit respecter simultanément :

Critère Ce que ça signifie concrètement
Objectif Les données enregistrées doivent refléter fidèlement la réalité du temps travaillé. Toute modification rétroactive doit être tracée — qui a modifié, quand, pourquoi. Un registre papier modifiable sans traçabilité ne remplit pas ce critère.
Fiable Le système doit être robuste, sans risque significatif d'erreur ou de perte de données. Un fichier Excel local non sauvegardé, ou une feuille de présence susceptible d'être égarée, pose problème.
Accessible Les données doivent être consultables par l'autorité de contrôle sociale (inspection du travail), par l'employé lui-même sur demande, et potentiellement par un représentant des travailleurs (syndicat, délégation). Les données doivent être exportables dans un format lisible.

Ces trois critères cumulatifs sont votre grille d'évaluation pour choisir ou valider votre outil.

Quelle forme ? Une obligation de résultat, pas de moyens

Le législateur belge semble vouloir laisser aux employeurs le libre choix des outils, à condition que ceux-ci satisfont aux trois critères CJUE. Plusieurs formats sont envisageables :

L'objectif politique affiché est d'éviter la lourdeur administrative excessive, notamment pour les petites structures. On peut donc s'attendre à ce que la loi belge prévoie une certaine souplesse dans les modalités, à condition que les enregistrements soient effectivement consultables par l'inspection du travail sur demande.

Ce qui est déjà obligatoire aujourd'hui (avant 2027)

L'obligation générale de 2027 ne part pas de rien. Plusieurs catégories d'employeurs sont déjà tenues d'enregistrer le temps de travail en vertu du droit belge actuel :

Si vous opérez dans l'un de ces secteurs ou avec des contrats à temps partiel ou horaires variables, vous devriez déjà disposer d'un système conforme. La loi 2027 étendra cette obligation à tous les autres.

RGPD : ne pas oublier la protection des données

L'enregistrement du temps de travail génère des données à caractère personnel. La conformité RGPD doit être pensée dès la mise en place du système.

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Base légale

Une fois la loi 2027 en vigueur, la base légale du traitement sera l'article 6.1.c du RGPD (obligation légale). Vous n'avez pas besoin du consentement des travailleurs pour enregistrer leur temps de travail si vous y êtes obligé par la loi — mais vous devez les en informer (mentions obligatoires dans le registre des traitements).

Les autres points de vigilance :

Comment se préparer dès maintenant

Janvier 2027 semble encore loin, mais les entreprises qui attendent la dernière minute risquent une mise en conformité précipitée, coûteuse et source d'erreurs. Voici les étapes recommandées :

  1. Auditer le système actuel — si un outil d'enregistrement existe déjà, évaluez-le au regard des trois critères CJUE. Est-il objectif (traçabilité des modifications) ? Fiable (données sauvegardées, non perdables) ? Accessible (export consultable par l'inspection) ?
  2. Identifier les écarts — catégories de travailleurs non couverts, format papier difficile à tracer, absence de traçabilité des corrections manuelles. Listez ce qui manque.
  3. Mettre à jour le règlement de travail — tout changement dans les modalités d'enregistrement du temps de travail doit être intégré au règlement de travail, avec les procédures légales de consultation (CPPT ou délégation syndicale si existante). Prévoyez un délai de plusieurs semaines pour cette démarche.
  4. Informer les employés et leurs représentants — la mise en place d'un système de pointage doit être communiquée aux travailleurs. Présentez l'outil, expliquez les données collectées, garantissez l'accès aux données personnelles.
  5. Piloter sur une équipe restreinte en 2026 — déployez l'outil sur un service ou une équipe pendant 6 mois avant la généralisation. Cela vous permettra de régler les problèmes opérationnels (horaires manquants, oublis de pointage, corrections à faire) avant qu'ils ne s'accumulent à grande échelle.
  6. Prévoir la documentation pour l'inspection — identifiez dès maintenant comment vous exporterez les données en cas de contrôle social. Un inspecteur doit pouvoir obtenir les enregistrements d'un travailleur sur une période donnée en quelques minutes.

Et Badgr dans tout ça ?

Badgr est un système d'enregistrement du temps de travail conçu spécifiquement pour les PME belges. Il répond aux trois critères CJUE : chaque pointage est horodaté et non modifiable sans traçabilité (objectif), les données sont chiffrées et hébergées en UE sur infrastructure redondante (fiable), et l'export CSV/PDF permet de répondre à tout contrôle social en quelques clics (accessible).

Adapté de 5 à 250 employés, sans matériel à acheter — un simple navigateur ou une tablette suffit comme kiosque de pointage. Essai Business 14 jours gratuit, sans carte bancaire.

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Et si votre connexion tombe le jour d'un contrôle ?

Le mode hors ligne de Badgr continue d'enregistrer les pointages même sans internet — chiffrés localement, synchronisés automatiquement dès le retour du réseau. Aucun pointage perdu, aucune interruption du registre légal.

Sources

  1. Partena Professional — Enregistrement des temps obligatoire en Belgique à partir du 1er janvier 2027 (2025)
  2. Securex Lex4you — Enregistrement du temps de travail obligatoire à partir de 2027 (2025)
  3. Liantis — Enregistrement obligatoire du temps de travail à partir du 1er janvier 2027 (2025)
  4. BDO Belgium — Temps de travail : enregistrement obligatoire dès 2027 (2025)
  5. Cour de justice de l'Union européenne — Arrêt CCOO c. Deutsche Bank SAE, affaire C-55/18, 14 mai 2019
  6. Cour de justice de l'Union européenne — Arrêt Loredas, 19 décembre 2024
  7. Parlement européen et Conseil — Directive 2003/88/CE concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail, EUR-Lex
  8. Chambre des représentants de Belgique — Résolution déposée le 5 février 2026 relative à la transposition de l'obligation d'enregistrement

Cet article est rédigé à titre informatif sur la base de sources publiques disponibles au 13 mai 2026. La transposition législative belge étant encore en cours, certaines modalités précises peuvent évoluer. Pour une application à votre situation spécifique, consultez votre secrétariat social, votre conseil social ou votre conseiller juridique.

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